Lettre à la petite rebelle de 2018.

Je me souviens de toi en 2018, impulsive, têtue et entière. Tu avais cette fâcheuse tendance à prendre chaque limite comme une provocation personnelle. Dès qu’on te disait non, tu avais envie de répondre « regarde-moi bien ». Dès qu’on essayait de te dicter quoi faire, tu avais déjà décidé de faire exactement le contraire. Tu voulais vivre selon tes propres règles. Et, quelque part, tu le veux toujours. La différence, c’est qu’aujourd’hui, tu as compris qu’être libre ne signifie pas forcément dire non à tout. Que la rébellion n’est pas toujours dans le bruit, dans la confrontation ni dans le fait de vouloir avoir raison. Parfois, la vraie rébellion, c’est de rester silencieuse. C’est de prendre du recul. C’est de réfléchir avant de répondre. C’est de regarder une situation, d’en peser le pour et le contre et de décider que certaines batailles ne méritent tout simplement pas ton énergie. La vie t’a appris ça. Les expériences aussi. Tu as compris que chaque décision a des conséquences et que vouloir être libre implique aussi d’assumer les choix que tu fais. Alors tu continues de tracer ta propre route, mais avec un peu plus de sagesse dans les bagages. Je ne vais pas te mentir, tu es toujours rebelle. On ne te pose pas facilement de limites. On ne te dicte pas ta conduite. Tu n’es toujours pas le genre de personne à suivre aveuglément une direction simplement parce qu’on te dit que c’est celle qu’il faut prendre. Mais aujourd’hui, tu sais pourquoi tu refuses. Et surtout, tu sais pourquoi tu acceptes. C’est ça, la différence. Avant, tu pouvais parfois confondre indépendance et opposition. Aujourd’hui, tu sais que tu n’as rien à prouver. Tu peux écouter un conseil sans forcément le suivre. Tu peux accepter une critique sans remettre toute ta valeur en question. Tu peux changer d’avis sans avoir l’impression d’avoir perdu. Tu peux même reconnaître que tu avais tort ! Oui, oui, miracle !😂

Et surtout, tu as appris à ne plus laisser les autres écrire ton histoire à ta place. Tu avances. Pas toujours vite, pas toujours avec certitude. Mais sereinement et avec cette tranquillité presque insolente de quelqu’un qui sait que, quoi qu’il arrive, elle trouvera son chemin. Parce qu’au fond, la petite rebelle de 2018 n’est pas morte, elle a simplement grandi. Elle a appris que le monde ne fonctionne pas toujours comme elle le voudrait. Elle a appris que certaines personnes partiront, que certaines portes se fermeront et que certains projets échoueront. Mais elle a aussi appris qu’elle survivrait à tout ça. Alors aujourd’hui, je ne veux pas te dire de devenir quelqu’un d’autre. Je veux simplement te dire merci d’avoir été aussi têtue, d’avoir refusé certaines choses, d’avoir osé prendre des chemins que personne ne comprenait, d’avoir écouté cette petite voix qui disait : « je veux quelque chose de différent ». Parce qu’aujourd’hui, cette flamme brûle encore. Elle est juste plus calme, plus intelligente, plus sélective, et beaucoup moins impressionnée par le chaos. Tu n’as plus besoin de courir tête baissée contre chaque obstacle. Tu regardes, réfléchis, choisis et avance sereine parce que tu as enfin compris quelque chose que la petite rebelle de 2018 ignorait encore. La maturité, ce n’est pas devenir moins rebelle, c’est apprendre à choisir pour quoi on se rebelle.

Avec amour,

La femme que tu es devenue.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Journal d’une nana alcoolique.

La Grande Marre Bleutée.